Chez Il Panino, un petit café sur Ste Catherine. Je rentre.
- Saluuut! Ça fait looongtemps que j’t’ai pas vue ici! Comment vas-tuuu?!
Ils me sourient. C’est quand-même le café près de l’université... pas un coin perdu, et pourtant ils me reconnaissent! Même s'ils ne m'ont pas vue depuis plusieurs mois, ils me souhaitent une bonne fin de semaine et me disent: à la prochaine! J’y reviendrai, pardi. Comme dirait Paul, tout ça me remplit de bonheur, je capote.
Tant de petits trucs ici auxquels je suis reconnaissante, qui font ma vie volumétrique... Descendre à la porte avant au lieu de celle en arrière juste pour dire Merci, bonsoir! au chauffeur de mon autobus. M'asseoir sur le banc près du St Laurent et faire semblant de lire mais méditer. Quitter le concert en hommage à Joe Dassin avec des chansons de qui, au fait, j’ai grandi pour aller à celui de Loco Locass et y danser parmi des ados chargés. Avoir des fourmis dans le dos en écoutant au milieu de la foule de milles personnes chantant Y faaait freeette. Faire rire par ma connerie un fonctionnaire sérieux en costume avec une cravatte. Exciter par des petites pommes des muettes stupides et des beaux canards au Vieux Port. Être dans banc de neige et compter des étoiles comme dans mon enfance. Savourer ce beau temps d'automne et écrire ce texte au lieu d'étudier...
Il me semble parfois que je sois seule parmi mes chers immigrants qui aime tellement Montréal. Qui sens autant cette ville. C'est fou. Mais quelque chose m'attire ici au niveau métaphysique. Troisième degré. On vit en résonance, je le sens presque palpablement. Chaque soir en revenant chez nous. Et pire que ça... il me répond de meme, il paie de retour. C'est vrai, je ne tombe presque pas sur des gens méchants ou des situations embêtantes. En tout cas, beaucoup plus rare que certains de mon entourage.
Je ne sais pas quoi faire avec cette sensation indicible. Je l'ai gardée longtemps non-partagée, je ne voulais pas la partager franchement. Ni avec mes chers immigrants. Ni avec des gens d'ici.
Les premiers, comme je présume, me prennent pour une optimiste déphasée, au mieux, ou bien pour une fieffée hypocrite, au pire. Plusieurs me disaient: "Regarde autour, la vie n'est pas si rose". "De quelle harmonie tu parles, dans cette architecture affreuse, hein?". "Rappelle-toi, après tes cours de francisation tu ne verras plus tes collègues, tout sera fini". "Trouver des amis proches parmi des québécois? Pas possible!" Et finalement, une de mes phrases préférées que j'ai entendue parler: "Mais écoute... à part leur médecine et les gens qui détestent des immigrants, dis-moi, pourquoi je dois tenir toutes portes ici, pas les pousser?! C'est quoi ça?!". Ça me fait rire. Je m'en fous. Moi et un des plus grands personnages historiques du XX siècle, on a une chose à vous répondre: You create your own univers as you go along.
Les derniers, d'ici, quand ils me demandent comment je trouve Montréal, entendent de moi des mots clichés. Je l'aime bien... Je parle du climat pareil et d'autres bêtises. Je pourrais les raconter, bien sûr, qu'une couple de minutes avant leur question j'écoutais La danse à St Dilon ou Mes souliers, ou bien que je prends volontairement et régulièrement des documentaires à la BNQ, ou que j'aime Mon oncle Antoine, ou encore que je sais combien de poutines ils vendent chez La Belle Province au coin de St Laurent et Ste Catherine, et qu'enfin je suis capable de distinguer Joël Denis de Johnny Farago :) Mais heureusement je n’ai pas besoin d’aller si loin. Ils se sont déjà contentés de ma réponse. Ce n'est qu'un échange de politesses. Je le sais bien...
En tout cas, je reste toujours immigrante et comme eux tous je suis assez susceptible et j'ai crainte de briser cette harmonie avec ma ville. C'est pourquoi prière d’oublier tout ce que je viens de vous dire. MIB. Un flash pour effacer votre mémoire. Merci.
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26 sept. 2009
20 août 2009
Avec du temps et de la patience, les feuilles de mûrier se transforment en robe de soie.
Oui, je peux être très tannante, moi. Voulez-vous des preuves?
Sauve qui peut.
Le 9 août j'allais en autobus de mon île fantôme au centre-ville pour aller voir Les Francofolies (selon la belle tradition de ces beaux jours-là) en écoutant La Première Chaîne sur mon baladeur. Ce n'est pas i-pod qui est chez chacun de vous, c'est un baladeur assez périmé, je dirais des 70 du XVIII siècle, qui me fait souvent honte.
Mais il fonctionne et c'est bien assez. Je vis au Québec ou quoi?
Et bien. Je l'écoute comme j'écoute toujours la radio, c'est-à-dire, sans tendre mes oreilles et mon cerveau. Puisqu'ils bavardent toujours en français (ce qui est au moins bien logique, c'est la Radio Canada ou quoi), alors j'ai toujours besoin d'utiliser ce système de refroidissement de mon cerveau. Sinon, je pense que ma frêle tête va exploser dans pas long. Je me suis déjà dit tout à l'heure qu'en s'immérgeant dans une nouvelle réalite, il est important de ne pas se noyer. Alors, sans fanatisme, mes amis, svp :)
Bref, je l'écoute doucement, et tout à coup une nouvelle chanson commence à se diffuser, et voilà, dès ses premiers accords et les premiers mots je me rends compte que ça me plaît, pis que ça me plaît beaucoup, alors j'embraie et j'ouvre mon cellulaire pour y écrire très vite certains mots que j'étais capable à comprendre au moment donné pour que j'aille après les youtuber ou googler.
Je vous avoue que pas vraiment beaucoup que j'avais compris et que j'y avais écrit. Les mots clés qui sont restés dans mon cell étaient les suivants: j'vis pas Montréal, 674 km, fôrets d'épinettes, microbrasserie, caisse de dépot. Pas vraiment beaucoup! Haha. Mais bon, je me suis dit que c'était assez pour mes recherches.
Quelques minutes plus tard je reçois un appel de mon amie Myriam qui me dit qu'elle ne peut pas nous réjoindre ce soir-là, tatati-tatata, et en revanche, je la demande si elle connaît cette chanson. Bien sûr, par mes mots clés carrèment chiches :)) Pas de bingo, évidemment! Cette chanson n'était pas reconnue ni par Myriam, ni par Anouk que j'ai commencé à torturer aussi un peu plus tard aux Francofolies.
Oh! Vous n'avez pas d'idée combien de temps j'ai perdu sur net en recherches! Tout était en vain. Personne la reconnaissait. Les paroles n'existent pas sur Internet, même pour l'instant. Le nom du chanteur non plus, je ne pouvais pas le trouver. Parce que sur le site de cette émission ('Écoute pas ça' par Jean-Pierre Ferland) il n'y avait rien pour ce jour-là... ils ont publié une liste de la musique diffusée seulement pour le mois de juillet! Terminus. Tout le monde descend. Taaba..!
Autre jour, quand je m'en plaignais, Anouk m'a conseillé d'écrire à Jean-Pierre Ferland, l'animateur de cette émission. Mais moi, j'aime bien les complications, j'avais de la misère de lui écrire en mon broken French, et puis, je me suis calmée en disant que tôt ou tard mais il va publier sur son site la diffusion de ce soir-là! Hâte-toi lentement ou quoi!..:)
J'allais ponctuellement pendant ces deux dernières semaines sur le site de Radio Canada (au lieu d'aller au travail, haha!). Et hier, finalement, ils ont tout mis! Toute la liste des chansons qui étaient diffusées le 9 août! Quel hit! J'ai commencé à analyser toutes les chansons de cette liste-là, et je l'ai enfin trouvée! Jean-Pierre Ferland, t'es mon bon magicien ou quoi! :)
Saintes-Oubliettes par Hugo Fleury. Voilà!
Peut-être si je souffrais pas si longtemps et si je pouvais la trouver vite, elle ne serait pas si sympa pour moi mantenant, je ne serais pas sa prisonnière, je ne l'écouterais pas une mille de fois à partir d'hier. Et je n'essaierais pas de la déchiffrer en ce moment, par moi-même! Puisqu'il n'y a pas encore de paroles! C'est fou, c'est pas facile pour une pauvre immigrante! J'en comprends pas beaucoup, citron sac-à-papier!!! Mais il n'y a pas de paroles, c'est le fait. Presque personne la connaît :) Hugo Fleury devrait être reconnaissant pour cette vulgarisation que je suis en train de finir enfin :)
En fait, lui, il est un ex-soliste du groupe Polémil Bazar dont je ne connaissais rien auparavant. Mais je suis allée là-bas aussi. Sur leur site et sur youtube. Je vais être partout:) Malgré qu'il n'y en a pas beaucoup sur youtube, mais leur style me déjà plaît, assez proche du style genre des Balcans. Mais jusqu'à ce que je n'aurai pas leurs disques (soit après avoir torturé mes amis, soit après que je deviendrai riche et je vais les acheter moi-même), je vais m'amuser par leurs textes, pauvre moi:)
PS: C'est fou, mais après toutes ces émotions d'hier, aujourd'hui Sébastien Ricard de Loco Locass m'est arrivé dans mon rêve de nuit. C'était pas une cauchemar, mais en tout cas, il y était bizarre. En réalité il est beaucoup mieux, lui.
Rem.: La quantité de 'ou quoi' dans ce texte-là est la conséquance de mes derniers entretiens avec les Français. Désolée :)
Aussi pardon pour mes fautes, svp, corrigez-les :)
Mes amis, qui est arrivé jusqu'à la fin de cette histoire ennuyante? Comme dirait Paul, une étoile pour vous! Désolée 2 fois! :)
Sauve qui peut.
Le 9 août j'allais en autobus de mon île fantôme au centre-ville pour aller voir Les Francofolies (selon la belle tradition de ces beaux jours-là) en écoutant La Première Chaîne sur mon baladeur. Ce n'est pas i-pod qui est chez chacun de vous, c'est un baladeur assez périmé, je dirais des 70 du XVIII siècle, qui me fait souvent honte.
Mais il fonctionne et c'est bien assez. Je vis au Québec ou quoi?
Et bien. Je l'écoute comme j'écoute toujours la radio, c'est-à-dire, sans tendre mes oreilles et mon cerveau. Puisqu'ils bavardent toujours en français (ce qui est au moins bien logique, c'est la Radio Canada ou quoi), alors j'ai toujours besoin d'utiliser ce système de refroidissement de mon cerveau. Sinon, je pense que ma frêle tête va exploser dans pas long. Je me suis déjà dit tout à l'heure qu'en s'immérgeant dans une nouvelle réalite, il est important de ne pas se noyer. Alors, sans fanatisme, mes amis, svp :)
Bref, je l'écoute doucement, et tout à coup une nouvelle chanson commence à se diffuser, et voilà, dès ses premiers accords et les premiers mots je me rends compte que ça me plaît, pis que ça me plaît beaucoup, alors j'embraie et j'ouvre mon cellulaire pour y écrire très vite certains mots que j'étais capable à comprendre au moment donné pour que j'aille après les youtuber ou googler.
Je vous avoue que pas vraiment beaucoup que j'avais compris et que j'y avais écrit. Les mots clés qui sont restés dans mon cell étaient les suivants: j'vis pas Montréal, 674 km, fôrets d'épinettes, microbrasserie, caisse de dépot. Pas vraiment beaucoup! Haha. Mais bon, je me suis dit que c'était assez pour mes recherches.
Quelques minutes plus tard je reçois un appel de mon amie Myriam qui me dit qu'elle ne peut pas nous réjoindre ce soir-là, tatati-tatata, et en revanche, je la demande si elle connaît cette chanson. Bien sûr, par mes mots clés carrèment chiches :)) Pas de bingo, évidemment! Cette chanson n'était pas reconnue ni par Myriam, ni par Anouk que j'ai commencé à torturer aussi un peu plus tard aux Francofolies.
Oh! Vous n'avez pas d'idée combien de temps j'ai perdu sur net en recherches! Tout était en vain. Personne la reconnaissait. Les paroles n'existent pas sur Internet, même pour l'instant. Le nom du chanteur non plus, je ne pouvais pas le trouver. Parce que sur le site de cette émission ('Écoute pas ça' par Jean-Pierre Ferland) il n'y avait rien pour ce jour-là... ils ont publié une liste de la musique diffusée seulement pour le mois de juillet! Terminus. Tout le monde descend. Taaba..!
Autre jour, quand je m'en plaignais, Anouk m'a conseillé d'écrire à Jean-Pierre Ferland, l'animateur de cette émission. Mais moi, j'aime bien les complications, j'avais de la misère de lui écrire en mon broken French, et puis, je me suis calmée en disant que tôt ou tard mais il va publier sur son site la diffusion de ce soir-là! Hâte-toi lentement ou quoi!..:)
J'allais ponctuellement pendant ces deux dernières semaines sur le site de Radio Canada (au lieu d'aller au travail, haha!). Et hier, finalement, ils ont tout mis! Toute la liste des chansons qui étaient diffusées le 9 août! Quel hit! J'ai commencé à analyser toutes les chansons de cette liste-là, et je l'ai enfin trouvée! Jean-Pierre Ferland, t'es mon bon magicien ou quoi! :)
Saintes-Oubliettes par Hugo Fleury. Voilà!
Peut-être si je souffrais pas si longtemps et si je pouvais la trouver vite, elle ne serait pas si sympa pour moi mantenant, je ne serais pas sa prisonnière, je ne l'écouterais pas une mille de fois à partir d'hier. Et je n'essaierais pas de la déchiffrer en ce moment, par moi-même! Puisqu'il n'y a pas encore de paroles! C'est fou, c'est pas facile pour une pauvre immigrante! J'en comprends pas beaucoup, citron sac-à-papier!!! Mais il n'y a pas de paroles, c'est le fait. Presque personne la connaît :) Hugo Fleury devrait être reconnaissant pour cette vulgarisation que je suis en train de finir enfin :)
En fait, lui, il est un ex-soliste du groupe Polémil Bazar dont je ne connaissais rien auparavant. Mais je suis allée là-bas aussi. Sur leur site et sur youtube. Je vais être partout:) Malgré qu'il n'y en a pas beaucoup sur youtube, mais leur style me déjà plaît, assez proche du style genre des Balcans. Mais jusqu'à ce que je n'aurai pas leurs disques (soit après avoir torturé mes amis, soit après que je deviendrai riche et je vais les acheter moi-même), je vais m'amuser par leurs textes, pauvre moi:)
PS: C'est fou, mais après toutes ces émotions d'hier, aujourd'hui Sébastien Ricard de Loco Locass m'est arrivé dans mon rêve de nuit. C'était pas une cauchemar, mais en tout cas, il y était bizarre. En réalité il est beaucoup mieux, lui.
Rem.: La quantité de 'ou quoi' dans ce texte-là est la conséquance de mes derniers entretiens avec les Français. Désolée :)
Aussi pardon pour mes fautes, svp, corrigez-les :)
Mes amis, qui est arrivé jusqu'à la fin de cette histoire ennuyante? Comme dirait Paul, une étoile pour vous! Désolée 2 fois! :)
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11 mars 2009
Mon Montréal, la partie 1
Jadis... quel début! Bon. Autrefois, c'était pas plus tard qu'il y a 2 ans, j'étais en voyage d'affaires, et un moment donné je me suis trouvée dans le train entre Novosibirsk et Krasnoyarsk, les deux très grandes villes sibériennes où je faisais mon projet. J'étais dans le wagon-restaurant avec notre partenaire, on a beaucoup parlé, et après il m'a dit (je ne sais pas pourquoi, peut-être il a decidé qu'il était psychoanalyste) que j'étais quelqu'un qui étais voué aux réflexions sans cesse. Il a oublié de préciser c'était bon ou non.
Bon, c'est vrai, la réflexion, c'est mon truc. Je pense, je repense, je réfléchis, je cogite, je gamberge, et j'aime ça (bienque parfois ça me tue, mais c'est pas notre ordre du jour). Et voilà, ici je pense souvent (chaque jour à peu près :)), surtout des choses que j'ai déjà reçues, que je continue à récolter à Montréal, pourquoi je l'ai accepté tellement vite et inversement, pourquoi il m'a fait bon accueil. Et de ce que j'aime ici.
Je comprends bien que ce qui me rend folle le plus à Montréal, c'est son fameux multiculturalisme. Je capote, comme on dit icitte. C'est la drogue la plus dure dans cette ville. Je jamais plaignais de mon sort, que ma vie était platte, qu'elle n'était pas assez riche au sujet des émotions, des événements, des rencontres des gens extraordinaires, etc. Non, pas du tout (ou pantoute, en bon québécois), j'ai pas mal vu et vécu, je crois. Et pourtant, il me semble que seulement ici ces dix mois du moment que je suis arrivée au Québec, soit à Montréal, étaient les mois les plus vifs et étoffés dans toute ma vie. J'en suis sûre, c'est tout à cause de mautadit multiculturalisme et de l'expérience qu'il m'a donné.
Ça me rappelle nos salades traditionnelles russes, tu mélanges tout ce que tu trouves dans le frigo et tu l'apprêtes avec la mayonnaise. C'est ça, le méli-mélo des visages, des accents, des stéréotypes, des cultures, du comportement, des orientations, des normes, de tout. Ça t'enivre. Comme le fait, sans phrases.
J'aime le bilinguisme. Oui, oui, le bilinguisme montréalais. Quand je me promène au centre-ville, j'aime entendre en même temps l'anglais par ma gauche oreille et le français par la droite. Et après tout ça j'aime me rendre compte que sans connaissance de l'espagnol ici je serai zero, je ne pourrai pas profiter de la vie et m'amuser au maximum sans l'espagnol.
Aussi j'aime parfois repondre aux gens "I'm sorry, I don't speak English" - si ce matin-là, disons, je me suis réveillée avec une belle illusion que je parle français. Et le contraire.
D'autre part, j'aime le bilinguisme francophone du Québec. Cette chambre d'essayage du français français et du français québécois. Observer comment ils se moquent, analyser pourquoi les québécois toujours regardent en arrière (en avant?) où se trouvent-ils les français, et pourquoi ils ne peuvent pas se rassurer. Également, j'aime aussi les signs "stationnement" où les québécois ne garent pas, mais parquent leurs chars :)
J'aime le français comme l'idéé, et pour moi n'importe où je me trouve. À propos, j'aime aussi cette conception de la vie d'habiter à l'Amérique du Nord à deux pas des grands États-Unis et parler français. Et oui, ce que je ne suis pas la seule qui le parle icitte :)
J'aime notre merveilleux Île-des-Soeurs où tu n'es jamais sûr si Montréal existe ou non. Montréal, tu dis? Où ça? Après sept heures du soir sur les rues ici tu ne rencontres que des écureuils. Est-ce qu'ils existent aussi, les gens d'Île-des-Soeurs? Tu vois seulement leurs lumières dans leurs maisons, mais tu ne les vois pas. Notre île fantôme, il est tant beau et tranquille qu'on l'appelle doucement "la cimetière". Et je l'aime :)
J'aime le rythme de la vie montréalaise. Après celui de Moscou, je pense desfois qu'ici les gens ne bougent pas du tout, qu'ils ont cessé dans les rues. Et moi, je suis devenue énormément calme, tranquille et relaxée. Même trop, mais en tout cas j'aime ça aussi.
à suivre
Bon, c'est vrai, la réflexion, c'est mon truc. Je pense, je repense, je réfléchis, je cogite, je gamberge, et j'aime ça (bienque parfois ça me tue, mais c'est pas notre ordre du jour). Et voilà, ici je pense souvent (chaque jour à peu près :)), surtout des choses que j'ai déjà reçues, que je continue à récolter à Montréal, pourquoi je l'ai accepté tellement vite et inversement, pourquoi il m'a fait bon accueil. Et de ce que j'aime ici.
Je comprends bien que ce qui me rend folle le plus à Montréal, c'est son fameux multiculturalisme. Je capote, comme on dit icitte. C'est la drogue la plus dure dans cette ville. Je jamais plaignais de mon sort, que ma vie était platte, qu'elle n'était pas assez riche au sujet des émotions, des événements, des rencontres des gens extraordinaires, etc. Non, pas du tout (ou pantoute, en bon québécois), j'ai pas mal vu et vécu, je crois. Et pourtant, il me semble que seulement ici ces dix mois du moment que je suis arrivée au Québec, soit à Montréal, étaient les mois les plus vifs et étoffés dans toute ma vie. J'en suis sûre, c'est tout à cause de mautadit multiculturalisme et de l'expérience qu'il m'a donné.
Ça me rappelle nos salades traditionnelles russes, tu mélanges tout ce que tu trouves dans le frigo et tu l'apprêtes avec la mayonnaise. C'est ça, le méli-mélo des visages, des accents, des stéréotypes, des cultures, du comportement, des orientations, des normes, de tout. Ça t'enivre. Comme le fait, sans phrases.
J'aime le bilinguisme. Oui, oui, le bilinguisme montréalais. Quand je me promène au centre-ville, j'aime entendre en même temps l'anglais par ma gauche oreille et le français par la droite. Et après tout ça j'aime me rendre compte que sans connaissance de l'espagnol ici je serai zero, je ne pourrai pas profiter de la vie et m'amuser au maximum sans l'espagnol.
Aussi j'aime parfois repondre aux gens "I'm sorry, I don't speak English" - si ce matin-là, disons, je me suis réveillée avec une belle illusion que je parle français. Et le contraire.
D'autre part, j'aime le bilinguisme francophone du Québec. Cette chambre d'essayage du français français et du français québécois. Observer comment ils se moquent, analyser pourquoi les québécois toujours regardent en arrière (en avant?) où se trouvent-ils les français, et pourquoi ils ne peuvent pas se rassurer. Également, j'aime aussi les signs "stationnement" où les québécois ne garent pas, mais parquent leurs chars :)
J'aime le français comme l'idéé, et pour moi n'importe où je me trouve. À propos, j'aime aussi cette conception de la vie d'habiter à l'Amérique du Nord à deux pas des grands États-Unis et parler français. Et oui, ce que je ne suis pas la seule qui le parle icitte :)
J'aime notre merveilleux Île-des-Soeurs où tu n'es jamais sûr si Montréal existe ou non. Montréal, tu dis? Où ça? Après sept heures du soir sur les rues ici tu ne rencontres que des écureuils. Est-ce qu'ils existent aussi, les gens d'Île-des-Soeurs? Tu vois seulement leurs lumières dans leurs maisons, mais tu ne les vois pas. Notre île fantôme, il est tant beau et tranquille qu'on l'appelle doucement "la cimetière". Et je l'aime :)
J'aime le rythme de la vie montréalaise. Après celui de Moscou, je pense desfois qu'ici les gens ne bougent pas du tout, qu'ils ont cessé dans les rues. Et moi, je suis devenue énormément calme, tranquille et relaxée. Même trop, mais en tout cas j'aime ça aussi.
à suivre
16 févr. 2009
Ma salsafolie
Je pensais pas avant qu'une de façon possible de mourir peut être la salsa. Soit de la honte, soit du partenaire de danse. Mon Dieu! Hier j'ai vecu ces deux choses là. Maintenant je comprends que tout depende de partenaire, de sa façon te jerer en danse, ton style de danse, ta beauté, tout depende de lui! Est-il juste, hein?
Je suis allée au club de la salsa pour la 4ème fois dans ma vie d'essayer de la danser (mon début était décembre passé avec Lu et Ali, c'était le fun, j'aime de me rappeler ce jour-là). Je pense que je suis déjà un peu habituée pour le style colombien de salsa, mais la salsa cubaine qu'on danse à ce club, ça c'est quelque chose. Parfoit ça marche plus ou moins, quand je me sens bien, j'en jouie... mais parfois...
Bref, un chinois m'a invité pour la danse. Je suis une personne honnête et bien sûr je lui ai dit que je suis très très très débutante, que je suis difficile et tout ça, en supposant qu'il va me calmer par qch comme 'c'est pas grave, c'est correct'. Haha 3 fois! Il m'a rien dit! Tout à coup il a empoigné ma main comme le policier et il a commencé à faire me tourner au tour de soi! Il était insupportablement fort et brusque ce que j'ai pensé qu'il faisait karaté en même temps!!! A ce moment-là je me suis rappellée les mots d'or de Xiangping: "C'est mieux de mourir tout de suite!". Ooooh comme clairement je comprends maintenant le vrai sens de cette phrase sacrée. J'ai essayé de dire à mon partenaire quelque chose (en volant devant son visage hahaha) - premièrement en français, puis en anglais, en chinois ça serait un peu plus difficile pour moi - mais tout était en vain!!! Il a rien dit pendant toute la danse!!! Il ne m'a même pas regardé! Aucune fois! Je ne sais pas, peut être il était absolument sourd? Mais comment donc il a dansé? :)
En tout cas c'est bien que la salsa normalement ne dure que qlqs minutes! J'imagine une heure et demie avec ce partenaire magique... après je me suis cachée de lui!
Mais si cette danse serait la pire! Voyons donc! Quand un autre gars qui ressemblait Harry Porter m'a invité... la salsa était très très très vite, aaaaah! J'ai vu toute ma vie qui est passée devant mes yeux! Je me suis dit que je n'y reviendrais plus ici, à jamais! C'était la première fois dans ma vie quand je dansais la salsa tellement dynamique, c'était énormément difficile, je n'étais pas capable à repondre à tous les movements de mon partenaire. J'étais comme la poule mouillée, j'avais honte, je comptais quand est-ce que cette mautadite salsa serait finie. Et bien sûr, encore fois je me suis rappellée la phrase sacrée de Xiangping! En plus, à cause de la vitesse dans quelques moments j'ai failli perdre mes chaussons!!! J'imagine s'ils volaient! Vers la mur! :) Ou bien vers ce gars chinois! Ce serait plus juste, pour vrai...
Seulement un seul compliment j'ai reçu hier soir... bien qu'il soit assez douteux! hahaha
Un québécois avec qui j'avais déjà dansé avant m'a dit: "Mais tu bouges bien!".
Mon dieu, j'aimerais savoir bien danser, pas bien bouger!!!
Soyez prudents et patients en apprennant quelque chose totalement inconnue et nouvelle dans votre vie.
Je suis allée au club de la salsa pour la 4ème fois dans ma vie d'essayer de la danser (mon début était décembre passé avec Lu et Ali, c'était le fun, j'aime de me rappeler ce jour-là). Je pense que je suis déjà un peu habituée pour le style colombien de salsa, mais la salsa cubaine qu'on danse à ce club, ça c'est quelque chose. Parfoit ça marche plus ou moins, quand je me sens bien, j'en jouie... mais parfois...
Bref, un chinois m'a invité pour la danse. Je suis une personne honnête et bien sûr je lui ai dit que je suis très très très débutante, que je suis difficile et tout ça, en supposant qu'il va me calmer par qch comme 'c'est pas grave, c'est correct'. Haha 3 fois! Il m'a rien dit! Tout à coup il a empoigné ma main comme le policier et il a commencé à faire me tourner au tour de soi! Il était insupportablement fort et brusque ce que j'ai pensé qu'il faisait karaté en même temps!!! A ce moment-là je me suis rappellée les mots d'or de Xiangping: "C'est mieux de mourir tout de suite!". Ooooh comme clairement je comprends maintenant le vrai sens de cette phrase sacrée. J'ai essayé de dire à mon partenaire quelque chose (en volant devant son visage hahaha) - premièrement en français, puis en anglais, en chinois ça serait un peu plus difficile pour moi - mais tout était en vain!!! Il a rien dit pendant toute la danse!!! Il ne m'a même pas regardé! Aucune fois! Je ne sais pas, peut être il était absolument sourd? Mais comment donc il a dansé? :)
En tout cas c'est bien que la salsa normalement ne dure que qlqs minutes! J'imagine une heure et demie avec ce partenaire magique... après je me suis cachée de lui!
Mais si cette danse serait la pire! Voyons donc! Quand un autre gars qui ressemblait Harry Porter m'a invité... la salsa était très très très vite, aaaaah! J'ai vu toute ma vie qui est passée devant mes yeux! Je me suis dit que je n'y reviendrais plus ici, à jamais! C'était la première fois dans ma vie quand je dansais la salsa tellement dynamique, c'était énormément difficile, je n'étais pas capable à repondre à tous les movements de mon partenaire. J'étais comme la poule mouillée, j'avais honte, je comptais quand est-ce que cette mautadite salsa serait finie. Et bien sûr, encore fois je me suis rappellée la phrase sacrée de Xiangping! En plus, à cause de la vitesse dans quelques moments j'ai failli perdre mes chaussons!!! J'imagine s'ils volaient! Vers la mur! :) Ou bien vers ce gars chinois! Ce serait plus juste, pour vrai...
Seulement un seul compliment j'ai reçu hier soir... bien qu'il soit assez douteux! hahaha
Un québécois avec qui j'avais déjà dansé avant m'a dit: "Mais tu bouges bien!".
Mon dieu, j'aimerais savoir bien danser, pas bien bouger!!!
Soyez prudents et patients en apprennant quelque chose totalement inconnue et nouvelle dans votre vie.
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