Aucun message portant le libellé misérables heureux. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé misérables heureux. Afficher tous les messages

8 sept. 2009

Coucou, ma chère.

Tu demandais de mes nouvelles. Tiens-les.
La semaine passée, je suis rentrée à l'université! Imagine, je vais étudier à l'école de gestion, moi. En français. À Montréal. Ce qu'on en rêvait à l'époque de nos études en Sibérie! Nous, on en rêvait, mais ben c'est moi qui vais y étudier maintenant :) Effectivement, contrôle bien ton imagination, parce qu'un jour tes rêves se réaliseront et ce n'est que toi qui seras en responsable.

Cela m'est déjà arrivé. J'en souffre, moi, j'ai du stress. Je me demande ce que j'y fais et pourquoi. Je me calme en disant que ce n'est pas encore tard de l'abandonner, ce programme-là, de m'en échapper à jamais. Franchement, imagine moi et le cours qui s'appelle Négociations internationales! Où, bien entendu, il faut que je parle! Tout le temps! En français, je le souligne. Nul doute, ce beau jour-là, quand je suis arrivée à choisir ce cours, mon cerveau était en mode stand-by. D'ailleurs, c'est son état absolument normal.

Cependant, je t'avoue que mes collègues là sont ben gentils et sympatiques. La plupart d'eux sont 100% pure laine du souche d'icitte. C'est dommage que je ne comprenne pas ce qu'ils me disent, mais leurs intonations sont assez positives. En gros. Je crois :)

Le pire est quand ils blaguent. Et quand tout le monde rit sauf, bien sûr, moi, designée par Dieu. Cache bien ton brilliant sens de l'humour, Macha, tu l'exhiberas d'ici deux ou trois ans, après avoir maîtrisé la langue, pas plus tôt :) Tu te sens comme une retardée mentale, mais pire que ça, tu es absolument sûre qu'ils te prennent pour celle-là. Voulez-vous devenir paranoïaque? Faites l'immigration :)

C'est aussi un petit peu difficile de mémoriser leurs noms. Tu sais, 50 personnes dans chaque group, pis les noms sont souvent composés et inconnus pour mes oreilles, alors quand ils se présentent, je les redemande, pis encore fois, pis encore... mais après ça, redemander la même chose pour la 5ème fois... tu sais, ça dépasse même ma propre formule de politesse. Pour l'instant, j'ai décidé d'appeler tout le monde 'bonjourçava', ou en cas d'urgence je pense que je pourrais les siffler :)

En plus, mon premier jour là... j'y suis bien rentrée, mais mal tombée. J'ai glissé sur le planchet ce qu'on était venu de laver et je me suis foulé la patte gauche, alors maintenant je la tire un peu et je marche сomme une mémé:) en tout cas, c'est pas grave, et je n'ai pas besoin de m'acheter un fauteuil motorisé, bien que dans ce coup-là je puisse y attacher un petit drapeau patriotique et ce serait ben ben beau :)

À part de tout ça, tout va bien. Malgré que j'essaie de faire pitié, je sais que je vais faire mon possible pour m'en débrouiller et que finalement mon cheval (étique ou fringant, on verra), se ramènera au poteau d'arrivée. Parce qu'on sait bien que les russes ne capitulent jamais :)
Je t'embrasse.

24 févr. 2009

Un peu de la matérialisation de la pensée

J'en suis bouche bée. Je presque crie à Adriana: "Noooon! Dis-moi que c'est pas vrai! Ça se peut-tu!" (wow, quelle bonne réutilisation du langage familier, une étoile pour vous, Maria). Voilà comment aujourd'hui j'ai appris une nouvelle expression québécoise.

Mais on commence par le début.
À la fin de l'année qui vient de nous quitter, moi et mes amis du cours de la communication orale, on a vecu 5 (sic!) semaines en parlant de la cabane à sucre! À moment donné, c'était le sujet principal de notre cours. On avait un livre nous parlant de l'histoire de cette tradition. On a vu les vidéos nous expliquant le processus téchnologique de la cueillette de l'eau d'érable, ainsi que de la fabrication du syrop d'érable. On a excessivement beaucoup écouté les disques avec les dialogues sur ce sujet, etc. En fait, on savait tout de la cabane à sucre par coeur. Les phrases comme "Je n'aime pas les oreilles de crisse!", "Vous autres, à la cabane à sucre!" ou bien "C'est-tu bon la tire d'érable!" sont entrés très vite dans notre vocabulaire et sont devenus habituels comme "bonjour".

Mais, par contre, (quelle bonne réutilisation! une autre étoile pour vous!), il nous manquait quelques mots tellement simples, voire primitifs, mais qu'on devait utiliser souvent dans notre quotidien. C'était justement comme ça un jour de décembre passé. Maintenant il s'appelle "Le jour de fous du village".

Ce jour-là, j'ai proposé à mes ames d'aller danser la salsa. Pour la première fois, je précise. Je suis arrivée au club de la salsa où, à ma grande surprise, j'y ai abordé les portes fermées! À cause de la tempête là!

J'étais fachée, j'attendais mes amis en mentionnant les responsables de la salsa avec des qualificatifs! Heuresement, mes amis ont trouvé une très belle solution pour ne pas perdre cette bonne soirée. On a commencé à danser dans la rue! puis dans le metro! puis partout! On chantait, on attrapait les lapins, bref, on faisait beaucoup de choses absolument folles qui nous ont rempli finalement le vrai bonheur :)

Tout à coup Adriana a voulu dire qu'il faisait tellement chaud pour nous et qu'elle était déjà en nage. Bref, elle m'a demandé:
- Maria, comment s'appellent les choses qui sortent ici? (en sous-entendant, évidemment, "la sueur", mais à moment donné on ne connaisait pas ce mot)
- Desolée, mon amie, je sais pas. J'ai appris seulement le vocabulaire de la cabane à sucre.
Aussitôt Ali a continué:
- Donc, ça s'appelle "le syrop d'érable" ce qui sort ici (en sous-entendant, bien sûr, sous l'aisselle)

Après un petit travail en équipe on a decidé donc que "les choses qui sortent du nez" s'appellaient, selon notre logique, "la tire d'érable". Voilà comme ça on a enrichissé notre vocabulaire. On l'a partagé avec notre gang et on a commencé à l'utiliser tout le temps et partout.

Maintenant revenons à notre classe d'aujourd'hui.
J'y suis et je réecris une liste des expressions québécoises que mon group a appris pas plus tard qu'hier. Et moi, j'ai manqué cette classe à cause de la mautadite bronchite. Donc voilà, j'écris une page... puis la deuxième... et qu'est-ce que j'ai vu là-bas!!!

"les érables coulent" = les morves sortent du nez

J'en suis bouche bée. Je presque crie:
- Dri, noooon! Dis-moi que c'est pas vrai! Ça se peut-tu!

Mais oui, c'est vrai! Ça existe!!! Notre monitrice nous l'a confirmé!!! Comme dirait notre ex-prof... "C'est incroyable, c'est presque magique!".

19 févr. 2009

un peu de la vie des immigrants

Hier notre nouvelle monitrice du cours de français écrit nous a demandé ce qu'on voudrait faire comme des activités culturelles. Dri et moi, nous avons poussé un grand soupir... Ça fait longtemps qu'on n'était pas à la Radio-Canada ou au magasin de fourrure! Ils nous manquent :)))

Bref, quelqu'un a proposé d'aller au musée ou au cinéma, plusieurs étaient pour le théâtre. Et voilà aujourd'hui la monitrice annonce d'une voix tellement triste:
- Vous savez... j'ai demandé combien ça coûte d'aller au théâtre... c'est 40-45$! Mais on a seulement 100$ pour tout le groupe. C'est-à-dire environ 5$ pour personne. Je sais pas vraiment où on peut aller...
Omar:
- On peut aller à Dollarama.

18 févr. 2009

Il fait toujours être proniaque

Et dans ce sens là, je suis obligée de vous dire que malgré tout, il y a dans cet endroit où on doit étudier maintenant avec Dri, trois choses absolument positives: notre prof (!), les bonnes chaises et les tables, 6 micro-ondes (en fait inutiles, parce qu'on n'a pas de temps ni pour manger, ni pour aller 'aux toilettes', pauvres pauvres nous!), et ce que ce merveilleux cégep ne se trouve pas, disons, à Laval ou à Rimouski! Sinon, ça prendrait beaucoup plus de temps pour y aller, pas une heure et demie comme maintenant!

Ne perdez jamais votre optimisme, mes amis. Il va vous servir même au bout du monde!